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Communiqué : L’agriculteur Hugues Falys face à TotalEnergies : le procès climatique s’ouvre à Tournai aujourd’hui 

Ce 19 novembre 2025, s’ouvre un procès climatique inédit en Belgique : un agriculteur, Hugues Falys, assigne en justice, avec trois ONG, le géant pétrolier TotalEnergies pour sa responsabilité dans le dérèglement climatique. Les plaidoiries débutent aujourd’hui devant le tribunal de l’entreprise de Tournai. Au-delà de la réparation des dommages subis sur la ferme d’Hugues Falys, l’enjeu principal de cette nouvelle affaire climatique est de contraindre TotalEnergies à arrêter ses investissements dans de nouveaux projets d’énergies fossiles. 

 LIENS VERS LE CLOUD (PHOTOS pour la presse)

Devant le tribunal de l’entreprise de Tournai, l’équipe du Farmer Case entreprend des fouilles dans une botte de foin : elle est – littéralement – à la recherche des ambitions climatiques de TotalEnergies. La multinationale française se targue d’être l’une des entreprises les plus vertueuses du secteur fossile mais ses pratiques climaticides démontrent tout le contraire et sont au cœur de ce procès climatique à Tournai. 

La responsabilité de TotalEnergies dans le dérèglement climatique

L’agriculteur Hugues Falys et les trois ONG (Fian Belgique, Greenpeace et la Ligue des droits humains) qui assignent TotalEnergies en justice accusent la multinationale française de contribuer au dérèglement climatique et d’être responsable de ses conséquences, notamment les vagues de chaleur et les sécheresses. “Il est temps que l’on débatte de la responsabilité de ces multinationales dans le dérèglement climatique, il est temps qu’elles rendent des comptes”, déclare Hugues Falys à l’entrée du tribunal. 

30 bombes climatiques, des méthodes de greenwashing avérées

TotalEnergies, premier distributeur et raffineur en Belgique, est en effet aujourd’hui à l’origine de 30 bombes climatiques selon un nouveau décompte du projet carbonbombs. Ces bombes carbone sont des projets gigantesques d’énergies fossiles (charbon, pétrole, ou encore gaz) qui vont générer chacun plus d’un milliard de tonnes de CO2 sur leur durée de vie. En plus de ces 30 bombes carbones, TotalEnergies est aussi à l’initiative de 106 nouveaux projets d’extraction. “Ces projets vont à contre-courant des recommandations de l’Agence internationale de l’énergie qui indiquait déjà en 2021 l’incompatibilité de nouveaux projets pétroliers ou gaziers avec l’accord de Paris”, soulignent les ONG requérantes. 

TotalEnergies trompe également ses consommateur·rices en pratiquant du greenwashing dans ses communications: la multinationale vient d’ailleurs d’être condamnée par la justice française à ce propos. Selon le tribunal judiciaire de Paris, TotalEnergies induit en erreur ses clients en vantant ses engagements vers la neutralité carbone d’ici 2050, alors que ses activités sont quasi exclusivement tournées vers les hydrocarbures. 

Enfin, TotalEnergies a également entretenu délibérément le doute sur l’origine du dérèglement climatique, notamment pour contrer les premières politiques climatiques naissantes, au niveau européen comme au niveau international.

Réparer et prévenir de futurs dommages 

Pour Hugues Falys et les ONG qui le soutiennent, l’objectif de cette action climatique est de contraindre TotalEnergies à réparer les dommages auxquels elle a contribué et de pousser la multinationale à sortir des énergies fossiles. Parmi les demandes formulées par les parties requérantes, figure l’arrêt de tout investissement dans de nouveaux projets fossiles. 

Des décisions qui renforcent la justice climatique

Le Farmer Case – qui s’est construit grâce au travail de dizaines de bénévoles – s’engage dans ce procès avec détermination et beaucoup d’espoir: “La justice climatique s’est renforcée ces derniers mois avec des décisions très fortes qui vont appuyer les arguments du Farmer Case”. Le 23 octobre dernier, la justice française a condamné TotalEnergies pour greenwashing, une première mondiale. En juillet dernier, la Cour internationale de justice a opéré un véritable tournant du droit international en insistant sur les obligations strictes des États pour protéger le système climatique. Quasiment au même moment, en Italie, la Cour suprême italienne a reconnu la possibilité d’engager la responsabilité de la multinationale d’hydrocarbures ENI pour les dommages causés sur le climat par ses activités et celles de ses filiales. Sans compter la décision de la Cour européenne des droits de l’homme qui a condamné la Suisse pour son inaction climatique ou encore l’action en appel gagnée par Klimaatzaak qui condamne l’Etat fédéral belge et les régions bruxelloise et flamande à réduire des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % à l’horizon 2030.

Quatre journées de plaidoiries 

Ce 19 novembre est la première journée de plaidoiries, celles des parties requérantes. Le 26 novembre verra TotalEnergies plaider à son tour. Les après-midi des 4 et 11 décembre seront réservés aux répliques et questions-réponses.


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